Paroles de sagesse de la part de La Marathonienne

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par Kelly McGurrin

Mes deux meilleures compagnes à la course sont ma mère, Helen, et mon amie de plus de 40 ans, Julie Michel. Nous somme toute les trois survivantes du cancer du sein. Le plaisir et la valeur thérapeutique que nous retirons de la course ne peuvent pas s’exprimer par mots ; c’est de l’émotion pure et de l’endorphine.

Nous avons couru le Weekend des courses d’Ottawa à plusieurs reprises ainsi qu’un autre favori, le demi-marathon Space Coast en Floride. Une course de la « liste d’objectifs à réaliser avant de mourir » que nous avions souvent envisagée était le demi-marathon féminin de Niagara Falls. Cette année, nous avons décidé de foncer et d’y participer.
De gauche à droite : Helen, Kathrine Switzer, Julie et Kelly au demi-marathon féminin de Niagara Falls.

L’endroit où se déroule l’événement à Niagara Falls est irrésistible. De plus, c’est une course relativement petite (avec un peu plus de 1000 participants) et qui remet un grand sac de produits de commanditaires (y compris une bouteille de vin de Niagara) et offre un itinéraire pittoresque avec une abondance de toilettes portables (décorés de bouquets de fleurs).

Une autre attraction intéressante a été l’invitée spéciale, Kathrine Switzer. Son histoire est captivante : elle a été la première femme à courir le célèbre marathon de Boston en 1967 sous le surnom de K. Switzer, à une époque où les femmes faisaient l’objet d’une interdiction de participer à cette course et à toutes les courses de longue distance. Les officiels de la course, en apprenant qu’une femme courait, ont tenté de l’arrêter de courir et de l’extraire physiquement du parcours. Son partenaire, ainsi que plusieurs autres coureurs, l’a entourée et a pris sa défense. Elle a terminé la course en dépit du fait que les spectateurs et les journalistes la chahutaient et la harcelaient, et elle a marqué l’histoire en agissant de la sorte. À l’époque, elle avait 20 ans et était membre du club de course à pied de l’Université de Syracuse. Elle adorait courir de longues distances et jugeait injuste que les femmes soient exclues de ces événements. Elle a avisé ses détracteurs d’un air de défi qu’elle était pour continuer à courir même lorsqu’elle aurait atteint 80 ans. Cela a pris cinq ans additionnels avant que les femmes ne soient autorisées à courir le marathon de Boston en 1972.

Aujourd’hui, Kathrine est âgée de 72 ans et elle courre toujours. Elle est également une militante, une auteure et a fondé le « 261 Fearless », une organisation mondiale à but non lucratif créée pour autonomiser les femmes par le sport et une vie saine. Nous avons eu l’occasion de la rencontrer à l’Expo la veille de la course et nous avons eu la chance de partager avec elle un récit sur la façon dont elle nous avait inspirés.

En 2011, Louis Comerton, un ami coureur de ma mère et entraîneur non officiel, a rencontré Kathrine à l’occasion d’une course. Il s’est procuré le livre de Kathrine, « Marathon Woman », et lui a demandé de le dédicacer pour ma mère, qui avait commencé à courir un an plus tôt à l’âge de 70 ans. Kathrine a accepté avec plaisir et a écrit : « Helen ! Vous nous inspirez ! 70 ans et vous démontrez qu’il n’est jamais trop tard pour être ce que vous auriez pu être ! Allez-y, foncez ! » Lors de la journée de l’Expo, nous avons apporté le livre pour montrer à Kathrine et elle a ajouté une note : « Je suis impressionnée par vous — merci de m’avoir aidé à courir Boston en 2017 ! » Elle a expliqué que de voir quelqu’un commencer à courir à 70 ans l’a motivée à courir Boston en 2017 (alors qu’elle avait atteint 70 ans) à l’occasion du 50e anniversaire de sa course historique.

Aujourd’hui âgée de 79 ans, ma mère a participé à des marathons en Floride, à Paris et à Washington, ainsi qu’à de nombreux demi-marathons. Elle devrait courir le marathon de Chicago en octobre. Kathrine était captivée par ce récit et a fait un discours impromptu devant la foule pendant que ma mère se tenait à côté d’elle, en disant : « Prenez note, Le monde ! Je veux simplement dire qu’il n’est jamais trop tard pour commencer à courir, et Helen en est la preuve positive. Je suis vraiment fière de toi, Helen ! » Mon père, Brian, était vraiment ému. C’était un moment assez spécial et je me suis dit qu’à lui seul ça valait le prix d’entrée !

Le lendemain c’était le jour de la course. Au moment du départ à 8 h nous étions debout sous la bruine, avec des rafales de vent de 40 km/h et une température de 14 °C. Ce n’était pas la meilleure façon de commencer une longue course avec les pieds mouillés. Mais rapidement nous nous sommes réchauffés, la pluie a diminué, et immédiatement à notre droite se trouvait le magnifique spectacle des chutes du Niagara. Le parcours était spectaculaire, tout le long des chutes et de la rivière Niagara sur une promenade réservée aux 1100 coureurs. Tous sauf 17 des coureurs étaient des femmes (ils n’interdisent pas aux hommes de participer !). Ma mère et moi avons tous deux amélioré notre temps par rapport au demi-marathon du Weekend des courses d’Ottawa, que nous avions couru le dimanche précédent — c’était la première fois que nous courions deux demi-marathons à une semaine d’intervalle.

Kathrine Switzer était présente le jour de la course, encourageant tout le monde à la ligne de départ, félicitant les coureurs au kilomètre 7 et nous accueillant à la ligne d’arrivée. C’est comme elle le répète dans une citation sur son site Web : « Si vous perdez confiance dans la nature humaine, sortez et assistez à un marathon. »

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