Défi de la Passe de Khunjerab au Pakistan

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par Karen Michelson

L’organisation d’une course unique en son genre pour inscrire au livre des records du monde Guinness en septembre 2019 avait pour objectif de présenter une image différente du Pakistan. Le Défi de la Passe de Khunjerab offrait trois distances : 21,1 km, 42,2 km ou un 50 km. Ce sont les courses courues à haute altitude la plus élevée jamais organisée. Le Canadien Ziyad Rahim, qui détient plusieurs records du monde à la course, a été l’élément catalyseur de cet événement.

Karen (au centre) à la ligne d’arrivée

Les coureurs internationaux se sont rencontrés à Islamabad, la capitale, à une altitude de 1770 pieds. Ensuite, ils se sont envolés vers Gilgit, où l’altitude atteint 4921 pieds. Les hôtes de l’événement ont offert à chaque coureur, en cadeau, un chapeau ou un foulard traditionnel en laine. Avant d’entrer à l’hôtel, on nous a bénis en guise de bonne chance. Le lendemain, on a entrepris un voyage en direction nord jusqu’à Sost, situé à une altitude de 9186 pieds. Les chiffres grimpent littéralement!

Le matin de la course, nous avons été réveillés à 4 h 30 par l’appel matinal à la prière. Nous sommes ensuite partis à 6 h 30 pour un trajet en autobus de deux heures en direction du parcours.

La course a commencé à la frontière sino-pakistanaise, à plus de 15 396 pieds. Il y avait 154 participants de 17 nations différentes, les l’Armée de l’Air Pakistanaise (AAP), l’armée pakistanaise et les Gilgit Baltistan Scouts. Les résidents du Pakistan étaient représentés dans toutes les épreuves. La détentrice américaine du record du monde et para-athlète Beth Sanden se proposait de faire le marathon à vélo. Dans le contingent canadien, Donna Wood et moi courions le 50 km, tandis que Patrick Arsenault et Ziyad Rahim couraient le marathon.

Le ministre en chef, Hafiz Hafeezur Rahman, a fait une entrée spectaculaire en hélicoptère. Il a salué les athlètes. Conformément au thème de l’hospitalité, l’Armée de l’Air Pakistanaise (AAP) a insisté pour que les coureurs internationaux soient placés immédiatement à la première position sur la ligne de départ.

La température était de -5 °C, mais ensoleillé. Le parcours point à point était en descente sur la route de Khunjerab fermée à la circulation. Il y avait quelques zones en lacet offrant une vue unique des autres coureurs sur le parcours.

Ma saturation en oxygène était de 67 % avant le départ, ce qui pouvait entraîner des effets néfastes. Dès le départ, j’avais la sensation que mes mains et mes avant-bras étaient semblables à des épingles et des aiguilles. Cette sensation a duré pendant quelques kilomètres. D’autres coureurs ont éprouvé la même sensation (mais dans le haut des bras et la poitrine) tandis que d’autres avaient des maux de tête. Je me suis mis à courir plus lentement et j’ai pris des pauses en marchant. Il est devenu plus facile de courir lorsque j’ai atteint une altitude moins élevée. J’avais confiance que je terminerais la course pourvu que je prenne ça mollo.

Des membres en uniforme de l’AAP ont géré les postes de secours, ils ont patrouillé le parcours et ramené les coureurs à leur hôtel très efficacement. Deux items uniques utilisés aux postes de secours pour lutter contre le mal d’altitude consistaient en des abricots secs et de l’oxygène. Quelques coureurs présentaient des symptômes importants, mais ont quand même réussi à terminer la course. Ils utilisaient de l’oxygène dans les postes de secours ou avaient un médecin en ambulance pour les accompagner.

Le parcours était magnifique. Pendant la course, on a observé le plus haut passage frontalier pavé, le guichet automatique le plus élevé, des sommets enneigés sur certaines des plus hautes montagnes du monde et la route de la soie originale. Les léopards des neiges sont demeurés invisibles. J’ai franchi la bannière d’arrivée du demi-marathon et du marathon. Chaque finisseur a reçu une médaille montrant la zone de départ situé à la frontière, des coureurs et le drapeau du Pakistan.

Karen (à gauche) et la Canadienne Donna Wood à la cérémonie de remise des prix.

Le lendemain, c’était le gala, où tout le monde était vêtu avec élégance dans des vêtements de style pakistanais. Les ambassadeurs de pays étrangers étaient assis au milieu de la pièce avec les hauts responsables de l’armée et de l’AAP. Des discours ont été prononcés, des vidéos ont été projetés, des récompenses ont été remises, puis nous avons mangé un dîner buffet. On nous a remis à Donna et moi des médailles et des plaques supplémentaires pour avoir terminé respectivement troisième et première au 50 km féminin.

À un certain moment pendant le voyage, les médias ont interviewé tous les coureurs venant de l’étranger. J’ai été interviewé en direct à la télévision pakistanaise avec la coureuse américaine Zakia Rubarb Khwaja et le commodore de l’AAP, Nausher Khan. Ce fut certainement une expérience inoubliable. Je veux revenir et visiter plus de sites touristiques, faire du magasinage et participer également à un autre marathon.

Le directeur canadien de la course Ziyad Rahim et Karen portant les chapeaux Gilgit et les foulards.

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