Voici pourquoi je cours

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par Rainer Wosnitza

J’ai fêté mes 40 ans en 2001. Comme d’autres qui franchissent un jalon important, j’ai passé quelques temps à réfléchir sur différents aspects de ma vie, notamment sur ma santé. J’étais en bonne forme et j’ai naïvement supposé que la bonne santé qui accompagnait habituellement les jeunes continuerait. Cette attitude était mal fondée. Les roues de ma voiture commençaient à trembler et, autant que je voulusse l’ignorer, j’étais conscient que mon corps m’envoyait de subtils avertissements.

Mon père est décédé d’une maladie cardiaque à 46 ans et deux oncles sont décédés alors qu’ils étaient à peine dans la quarantaine. La génétique, semble-t-il, me réserve peut-être un sort un peu inquiétant. Pour m’effrayer encore plus, mon beau-frère a subi un pontage coronarien. Je ne voulais pas vivre aucun de ces scénarios. Je ne peux rien faire au sujet de ma génétique, mais après mûre réflexion, je savais que je pouvais modifier mon comportement. Si je devais mourir jeune à cause d’une prédisposition génétique aux maladies cardiaques, qu’il en soit ainsi.

Ce que je ne voulais pas, cependant c’est que ceux qui me survivent pensent : « Si seulement il s’était mieux occupé de sa santé! »

Le premier changement que j’ai fait a été d’arrêter de fumer. J’ai fumé par intermittence pendant des années. J’avais déjà essayé de cesser de fumer. Une seule fois j’avais réussi à quitter pour deux ans mais je n’avais jamais réussi à renoncer définitivement à cette habitude. Cette fois c’était différent. Je savais que c’était terminé. Je le sentais.

J’ai commencé par nettoyer le vélo stationnaire qui accumulait de la poussière au sous-sol et j’ai commencé à faire de l’exercice. Après deux mois, j’avais créé une habitude et je pouvais constater et ressentir de petits changements positifs. Puis, le panneau de commande du vélo s’est soudainement arrêté de fonctionner et il est devenu inutile. J’ai contacté le fabricant du vélo; une pièce de rechange était en rupture de stock et ne serait pas disponible avant six semaines. Je n’avais aucune intention de rester les bras croisés et de regarder les gains positifs que j’ai réalisés s’échapper. J’ai cherché un exercice de remplacement.

Mes enfants, alors âgés de 12 et 9 ans, faisaient partie d’une équipe de natation. Le complexe sportif où ils s’entraînaient avait également une salle d’exercice cardio. En plus de quelques vélos stationnaires, il y avait un certain nombre de tapis roulants. « C’est intéressant », j’ai pensé. « Peut-être que je devrais essayer de courir. » Par coïncidence, juste en face du complexe sportif, il y avait une boutique du Coin des Coureurs. Le personnel très compétent de la boutique m’a équipé d’une paire de chaussures de course et m’a également recommandé le livre Courir : du départ à l’arrivée de John Stanton. Les conseils contenus dans ce livre m’ont aidé à démarrer du bon pied. C’était à la mi-février à Winnipeg, alors j’ai limité ma course au tapis de course, ne sortant à l’extérieur seulement une fois que la température s’était réchauffée.

Mes problèmes de santé m’ont permis de découvrir la course à pied, mais de nombreux autres aspects positifs de ce sport sont apparus au courant des années qui ont suivi. Premièrement, la course à pied me procure du « temps de solitude » pour que je puisse réfléchir. Je peux passer en revue les événements de la vie et mes préoccupations. Parfois, je suis tellement concentré dans mes pensées que j’oublie que je cours. Les courses comme ça sont presque thérapeutiques.

En revanche, dans certains cas, mon esprit s’éloigne et vagabonde vers un endroit lointain que je ne parviens pas à identifier; ça prend des mini-vacances. J’arrive à la fin de ma course et je me demande comment je suis arrivé là-bas, mon esprit étant resté dans un endroit éloigné tout le temps. C’est comme si mon corps fonctionnait sous pilote automatique. Je ne connais pas grand-chose à la méditation, mais j’imagine que c’est un sentiment similaire.

Courir m’a appris à reconnaître les limites physiques de mon corps. J’écoute maintenant mon corps, non seulement lorsqu’il me crie après, mais aussi lorsqu’il murmure subtilement. Je sais quand creuser en profondeur et pousser, et quand reculer et prendre ça plus facilement. Je traite mon corps avec respect et révérence. J’ai appris que le régime alimentaire et le repos sont d’une importance capitale.

Courir m’a motivé à en apprendre davantage sur les aliments et les boissons que je consomme et je continue à en apprendre davantage chaque jour. Je mange beaucoup de fruits, de légumes, de noix et de grains entiers. La viande que je mange, en petite quantité, est maigre. Je limite les graisses saturées et le sel et j’évite le sucre blanc, la farine et les aliments transformés. J’évite les gras trans. J’essaie de ne pas boire mes besoins en calories.

Je cours depuis 2001 pour toutes les raisons que j’ai énumérées. Le défi est ce qui rend la course spéciale. Si c’était facile, tout le monde le ferait. À la fin de chaque course, j’ai l’impression d’avoir accompli quelque chose. Courir est important pour ma santé et mon bien-être. La principale raison pour laquelle je cours, cependant, est que cela me fait bien sentir. Courir un demi-marathon avec 2 000 autres coureurs ou courir seul dans mon quartier, ça fait toujours du bien. Je suis assuré de mieux me sentir à la fin d’une course qu’au début. C’est pourquoi je cours.

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