Réapprendre à respirer

Share

par JJ Mackwood

Bien que j’étais active et en bonne santé toute ma vie, je n’avais jamais couru. À l’âge de 31 ans, sans avertissement, du jour au lendemain, il devenait de plus en plus difficile pour moi de respirer sans douleur, et ça s’est aggravé au point où de simples tâches quotidiennes comme me sécher les cheveux me laissaient à bout de souffle. Plusieurs rendez-vous avec des médecins ne m’ont apporté aucune réponse et un jour, j’ai été victime d’une hémorragie, on me transporte en ambulance, on m’admet à l’unité de soins intensifs, je subis de multiples tests et traitements, et finalement on m’annonce le diagnostic : embolies pulmonaires bilatérales étendues.

Marathon-Photos.com

Sept ans plus tard, la vie était revenue à une nouvelle normalité. Je m’étais résigné à consulter un spécialiste chaque année, à prendre des anticoagulants pour le restant de mes jours et j’acceptais que toute activité cardiovasculaire se traduise par une douleur causée par des cicatrices au sommet de mon poumon droit. Pourtant, cela semblait être un petit prix à payer pour me permettre de continuer à vivre. De toute façon, qui a besoin de cardio ?

Et pourtant… un jour semblable à tous les autres, j’ai pris la décision de courir une petite distance (et je veux dire de petite). Cette résolution inattendue a mis en branle une métamorphose en quelque sorte et qui m’a conduite où je suis aujourd’hui. Je voudrais vous dire que c’était un processus magnifique et gracieux… comme devenir un papillon… mais je suis sûr que si vous demandez à quelqu’un qui m’écoutait à ce moment, ils vous diront que ç’a été un chemin semé d’embûches pour moi ou pour eux. Je me suis beaucoup plaint. C’était douloureux, je ne pensais pas que cela deviendrait plus facile, et je suis à peu près sûre que mon mantra était du genre « je déteste courir ». Néanmoins, peut-être en partie à cause de mon entêtement, et en partie à cause d’influences positives que j’ai reçues, la transformation se produisait avec ou sans une attitude constructive. J’ai commencé à expérimenter avec ma respiration. Le « truc » pour contourner la douleur était de respirer profondément à partir de la base de mes poumons. C’est important pour changer ma perception quant aux limites de mes poumons. Je suis devenue une vraie connaisseuse de bof, car courir par temps froid (ou même à l’air vif) n’était pas une option à l’origine. Au fil du temps, je me suis retrouvé à même de supprimer le bof pour des périodes plus courtes, puis plus longues.

Les mètres se sont transformés en kilomètres et les kilomètres sont devenus des parcours de longues distances avec de la neige jusqu’aux genoux, des ampoules aux pieds, des ongles manquants et des blessures de type « vrai coureur ». Chaque course complétée était une expérience surréaliste. Mais à un moment, en cours de route, je ne peux pas dire exactement où, j’ai commencé à célébrer la course et, à son tour, la course a commencé à contribuer à mon rétablissement.

Au cours des dernières années, j’ai réalisé mes meilleurs temps et distances personnels et je continue d’en établir de nouveaux. Cette année, alors que j’ai eu 40 ans, je me suis engagée à suivre le programme d’entraînement du demi-marathon de moins de deux heures enseigné par le Coin des Coureurs. En mai, cet objectif a été atteint en 1 h 56 min 25 s. Lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée, j’ai reconnu que je ne suis plus simplement reconnaissant d’avoir vécu. La douleur dans ma poitrine a été remplacée par un sentiment d’accomplissement et d’amour pour une vie bien vécue.

Merci à mon partenaire de course (et de vie) de m’avoir encouragé chaque jour, juste par son exemple, et merci à toutes les personnes incroyables que j’ai eu l’honneur de rencontrer au Coin des Coureurs de Red Deer. Elles m’ont inspiré avec leurs propres récits de réussite. Ce parcours a été un cadeau extraordinaire.

 

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.