Pourquoi Courir? 

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Par Lawrence Xie.

Même si ma carrière universitaire d’athlétisme a pris fin il y a une demi-décennie, je suis perpétuellement consciente des saisons de course changeantes. Cela m’a incité à me demander : Pourquoi courons-nous?

En surface, c’est évident que nous courons  pour une meilleure santé et le bienêtre général. Un entraînement sérieux rend les exigences physiques de la vie normale insignifiantes en comparaison, quand les escaliers peuvent être délimités avec facilité et quand on peut gagner du temps en faisant du jogging confortablement sans fatigue. Cependant, à des niveaux compétitifs, les blessures sont inévitables. Chaque coureur que j’ai connu en université a été blessé à un moment durant leur carrière.

Sean W Burges / Mundo Sport Images

Lorsque nous nous blessons, il pourrait être difficile de voir la course comme une activité «saine». Compte tenu de la prévalence des blessures, je conclus que la santé n’est pas une motivation suffisamment forte pour s’entraîner à haute intensité.

Souvent, on entend que l’esprit de la concurrence pousse les coureurs à continuer de courir. La course est une activité humaine extrêmement primitive et c’est souvent l’une des premières façons que nous jouons avec des autres. Il est difficile de décrire l’enthousiasme et la vigueur des émotions qu’on ressent lorsqu’on est en forme et en bonne santé. Les poussées d’adrénaline entraînent une dépendance physique et psychologique.  Lorsque je termine un marathon, je commence immédiatement à penser au prochain.

La course à pied a quelques qualités distinctives qui la séparent des autres sports compétitifs. Par exemple, la course est très accessible. Chaque personne valide a couru à un moment donné et c’est un mouvement qui nous est très naturelle. Existe-t-il au monde quelque chose plus pur qu’une simple course à pied? Libre des contraintes de règles complexes et de la technologie, courir est simplement…facile.  C’est pourquoi, à part de la lutte, la course à pied est l’un des deux sports les plus anciens au monde.

L’équipement de chronométrage moderne apporte une autre dimension à la course. Le chronométrage distille l’événement jusqu’à un certain nombre. Bien que, évidemment, les coureurs puissent courir un contre l’autre, ils courent aussi contre la montre. La première chose qu’un coureur cherche après avoir franchi la ligne d’arrivée est la feuille de résultats ou une autre indication de leur chronométrage. Cette mesure explicite rend notre sport unique. Contrairement aux autres types de sports, nos records personnels restent toujours avec nous.  L’expression «vous êtes seulement aussi bon que votre dernière chrono» est vraie comme une remarque sur nos formes physique actuelles, mais elle est absolument incorrecte en ce qui concerne le respect athlétique. Les meilleurs résultats d’un coureur donnent aussi un aperçu de leurs d’entraînements longs et intenses remplis de dettes aérobiques suffocantes et de feux lactiques brûlants.

Malheureusement, la finalité de nos chronomètres peut être sévère. Les records personnels  médiocres évoquent un sentiment de potentiel non réalisé ou des opportunités jamais prises. Les erreurs et les faiblesses de la course sont capturées sous forme numérique et ne s’oublient pas facilement. Pour les coureurs professionnels, je ne peux qu’imaginer à quel point les résultats clés de la course  piquent car ces résultats portent la preuve brutale des médailles manqués et de l’incapacité du coureur de se qualifier pour les autres courses.

La mesure précise des résultats présente un attrait plus philosophique. Je crois que les coureurs sont souvent attirés par la course à cause de la simplicité et de la clarté de l’objectif du sport: devenir plus rapide. Après l’école secondaire, le monde peut sembler plus compliqué et parfois il est difficile de trouver le bon chemin. Notre «progrès» dans la vie devient difficile a évaluer. Les coureurs risquent de devenir trop obsédées par leurs résultats et de laisser leurs résultats d’influencer leur estime de soi, ce qui est compréhensible puisque la vie n’offre pas une mesure facile pour mesurer la croissance personnelle.  Au fil du temps, nos aspirations se modifient selon nos diverses (heureux et tristes) expériences de vie. Les objectifs de nos entraînements restent les mêmes. Nos parcours favoris nous sont fidèles et offrent toujours les mêmes distances. Pour moi, peu de choses seront jamais aussi utiles – et vides de sens – que la course. Un jour, j’espère arriver à la ligne de départ pour une autre saison.